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2005
- DE LA VICTOIRE DU NON AU TCE
A LA REVOLTE DES BANLIEUES
L'année
2005 voit s'accroître la rupture entre la majorité
de la population et les partis institutionnels, ce que révèle
la séquence sociale qui va des mobilisations lycéennes
du printemps, du NON au TCE le 29 mai, à la révolte
des quartiers populaires au mois de novembre.
Les
lycéens en lutte contre le projet Fillon de réforme
de l'école
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Le
mouvement lycéen est un événement social et
politique majeur de cette année : une nouvelle génération
fait l'expérience de la démocratie, de l'auto-organisation
dans un affrontement avec le gouvernement. Cette expérience
servira en 2006 dans la lutte contre le CPE.
La
loi Fillon, loi inégalitaire instituant un accès
inégal à la culture veut soumettre davantage l'éducation
aux besoins patronaux : pour une élite l'accès à
la culture, pour la majorité un socle commun minimal formant
de " la chair à patrons ". En contestant cette
loi, en réclamant plus de moyens et de postes dans l'éducation,
la jeunesse fait irruption sur la scène politique. Avec
sa spontanéité, son caractère populaire et
incontrôlable, et sa force de contagion, elle fait frémir
le gouvernement. Fillon rappelle que " la loi ne se fait
pas dans la rue " et Jack Lang que " Les lycéens,
c'est comme le dentifrice : quand ils sont sortis du tube, on
ne peut plus les faire rentrer ". En effet alors que la loi
est votée au Parlement 165 000 lycéens sont dans
la rue le 8 mars.
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Cette
radicalité encourage les luttes des salariés et
prépare le succès de la journée d'action
interprofessionelle du 10 mars. L'inertie des directions syndicales,
ne donnant pas de suite à cette journée, a participé
au reflux du mouvement lycéen qui continue son combat
par des blocages et occupations de leurs établissements
suivi d'une répression policière violente.
A l'issue de ce mouvement, une nouvelle génération
militante est apparue consciente de la nécessité
du " tous ensemble " et pesant sur les évènements
politiques.
La
victoire du NON de gauche contre le projet de Traité
Constitutionnel Européen
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C'est
dans ce contexte que s'ouvre la campagne pour le référendum
sur le traité constitutionnel européen (TCE). Alors
que le Parti socialiste, majoritairement, appelle à voter
oui à " la concurrence libre et non faussée
", le rapport de force se construit dans les mobilisations,
à travers les collectifs Pour le Non, les discussions dans
les syndicats, la C.G.T. en particulier, pour rejeter l'Europe
du capital, dire non à la droite tout en désavouant
la gauche libérale.
La LCR, tout en participant à l'action unitaire des Collectifs
du Non avec le Parti communiste et bien d'autres militants, développe
sa propre campagne, internationaliste, pour une Europe démocratique,
pour que le Non soit un encouragement aux luttes.
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Le
Non est porté par les mobilisations. Il puise sa force
dans les manifestations du 10 mars, dans le mouvement de la jeunesse
des lycées, dans la journée de désobéissance
civique du 16 mai comme dans les luttes des salariés de
Carrefour, de Total, et de bien d'autres.
La
question sociale, la question de la répartition des richesses,
est au centre du débat. A l'économie de marché,
à " la concurrence libre et non faussée "
s'opposent les besoins des classes populaires, l'exigence d'une
économie qui soit aux services des besoins sociaux et non
de l'avidité d'une minorité de gros actionnaires.
Le
29 mai, la victoire du Non avec 55 % est significative de la politisation
en cours parmi les couches populaires en même temps qu'elle
contribue à approfondir la rupture avec le PS du Oui qui
fait la " synthèse " entre les tenants du Oui
et du Non à son congrès du Mans en novembre.
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Révolte
dans les quartiers populaires
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En
novembre, la mort à Clichy-sous-bois, de deux jeunes électrocutés
dans un transformateur EDF, où ils s'étaient réfugiés
en fuyant la police, va déclencher une vague d'émeutes
alimentée par les déclarations de Sarkozy, alors
ministre de l'Intérieur, sur " la racaille ".
Le gouvernement Villepin, ressortant une loi de 1955, époque
de la sale guerre coloniale d'Algérie, proclame "
l'état d'urgence " pour mettre au pas les banlieues.
La gauche institutionnelle se tait, le PS soutenant même
le gouvernement et les mesures répressives, les arrestations,
les condamnations contre les jeunes.
A sa façon, avec certes des méthodes qui se retournent
contre ses propres intérêts, la jeunesse des banlieues
pose l'urgence des questions du chômage, du logement, des
services publics.
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