Nouveau parti anticapitaliste

Motion adoptée par la Direction nationale de la LCR (15 et 16 mars 2008)

Mise en œuvre du processus constituant du NPA : C’est parti !

Depuis le congrès, sept semaines se sont écoulées, denses, où l’ensemble de l’organisation s’est trouvé sous la pression de sollicitations dont la complémentarité n’était pas évidente à gérer : la bataille pour les listes pour les élections municipales et la bataille pour lancer le processus constituant pour le nouveau parti.

L’écho rencontré dans ces deux activités menées parfois séparément, parfois ensemble, parfois parallèlement atteste de changements dans la situation politique et sociale qui créent les conditions pour homogénéiser le travail de l’organisation en aidant toutes celles et tous ceux qui se sont engagés soit dans l’activité pour un nouveau parti anticapitaliste soit pour les municipales soit pour les deux à se retrouver, s’ils le souhaitent, à égalité, avec nous, dans de nouvelles structures, les comités d’initiative tels qu’ils étaient définis dans l’adresse adoptée par le congrès.

La crise politique qui frappe Sarkozy et la droite, la crise du capitalisme mondialisée et le cortége de scandales financiers qui l’accompagne, l’incapacité de la gauche gouvernementale et institutionnelle comme des confédérations syndicales à offrir une perspective au mécontentement du monde du travail souligne la nécessité de notre initiative comme les possibilités nouvelles qui s’ouvrent.

Les initiatives déjà prises sur la question du NPA, dans leur diversité, comme les acquis de la campagne municipales sont autant de point d’appui pour engager une nouvelle phase du processus constituant. Les très bons résultat obtenus par les listes présentées ou soutenues par la LCR renforcent et encouragent le processus tout en illustrant les possibilités qui existent concrètement. Il s’agit dès maintenant de reprendre, de poursuivre la discussion autour de l’adresse, de la populariser plus largement dans une véritable campagne pour un nouveau parti tout en engageant résolument, le processus constituant au niveau de toutes les instances de l’organisation et de tracer les jalons pour les mois à venir.

Parallèlement à la multiplication des initiatives larges, réunions publiques et/ou sur invitations, appels locaux, appels de militants syndicalistes… en vue de la formation du NPA, les sections de la LCR commencent à construire des comités d’initiative en commun avec les camarades et groupes de camarades qui sont d’accord avec nous sur cet objectif. Ce processus implique que les cellules et sections de la LCR , comme toutes ses militantes et militants, s’investissent pour ce faire en veillant à ce que les non membres de la LCR participent véritablement à la prise en charge de l’activité et du fonctionnement de ces comités d’initiatives. Ceux-ci doivent prendre en charge les interventions et les campagnes politiques parallèlement aux discussions sur le programme et le fonctionnement du NPA.

De manière générale, nous nous efforçons de transférer les activités aujourd’hui prises en charge par la LCR aux comités d’initiatives dès que possible, autrement dit quand les comités d’initiative ont une réelle existence qualitativement différente de la LCR. Il faut favoriser tout ce qui permet des convergences concrètes : les militants de la ligue, anciens ou nouveaux, les militants pour le nouveau parti doivent pouvoir débattre et agir ensemble. Il faut maintenant qu’ils se retrouvent sur un pied d’égalité dans des collectifs ou comité pour un nouveau parti anticapitaliste. Elles et ils construisent ces comités d’initiatives comme les structures militantes d’action qui doivent devenir nos cadres collectifs d’intervention.

Dès que possible, ces collectifs doivent désigner des comités de pilotage pour préparer les réunions et organiser la coordination à l’échelle d’une ville, d’un groupe d’entreprises, d’un département et d’une région. Nous aurons à coeur d’impulser interventions et initiatives militantes, campagnes en particulier autour de la question des salaires pour une autre répartition des richesses. Les instances de la LCR se réuniront régulièrement (sans doubler l’activité des collectifs) selon des modalités et des rythmes à discuter localement et cela en toute transparence vis-à-vis des membres et structures du NPA. En respectant les différences de rythme de construction des collectifs,’une première rencontre nationale de délégués des coordinations locales et/ou départementales qui seront alors constituées se déroulera en juin.

A cette réunion nationale, la LCR proposera :

- qu’un appel national soit adopté pour donner une nouvelle impulsion, marquer une nouvelle étape et préciser les échéances à venir.

- qu’une équipe pluraliste soit désignée afin de coordonner les activités, de préparer une nouvelle coordination nationale à l’automne, d’ouvrir une première discussion sur le congrès, le programme, l’orientation, le fonctionnement, le nom, les références internationales du nouveau parti. Cette équipe devra être composée de représentant-es de la LCR, des autres forces engagées même si ce n’est qu’à un niveau local et des collectifs locaux en veillant à ce qu’elle soit représentative du processus réel dans sa diversité. Cela signifie qu’il faut être attentif à ce que des militants, réprésentant des expériences politiques qui renforcent la diversité du collectifs, son pluralisme, puissent y trouver toute leur place , le comité de pilotage national jouera un rôle déterminant dans la conduite du processus de constituant. Ce comité de pilotage se modifiera en fonction de l’avancée du processus menant à une nouvelle coordination à l’automne. (...)

 

Adresse du 17ème Congrès national de la LCR (janvier 2008)

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Le 6 mai 2007, l’échec de la gauche gouvernementale a laissé le champ libre à la droite la plus réactionnaire incarnée par Sarkozy, l’ami des patrons et des milliardaires.

La guerre sociale qu’ils mènent, c’est la violence quotidienne et la répression. Elle s’inscrit dans la mondialisation capitaliste qui voudrait dresser les travailleuses et travailleurs du monde entier les uns contre les autres pour mieux les exploiter. La folle course au profit dans laquelle sont engagés les maîtres du monde menace notre survie même, en pillant et détruisant la planète. Ce système produit régulièrement des crises et ce sont toujours les peuples qui payent la facture. Aux guerres sociales et écologiques s’ajoutent les guerres
impérialistes.

La politique de la gauche gouvernementale est impuissante parce qu’elle accepte la logique du profit, de la concurrence et la remise en cause des services publics.

Pour mener son offensive en rafale contre la majorité de la population, Sarkozy a le pouvoir, les patrons ont le MEDEF.

Et nous, qu’avons-nous d’efficace pour porter les aspirations populaires sur le terrain politique ? Qu’avons-nous pour construire les mobilisations capables d’imposer un autre partage des richesses ?

Il y a urgence à reprendre l’offensive.

Ces dernières années, s’expriment le mécontentement, la révolte, une nouvelle volonté de résister.

L’espoir vient des grandes mobilisations, luttes des salarié-es, de la jeunesse scolarisée ou des quartiers populaires, luttes des “ sans ”…
Mais elles restent trop souvent infructueuses, quand un syndicalisme d’accompagnement prend le pas sur un syndicalisme lutte de classe et de transformation sociale.

Il manque cruellement un outil qui aide à la convergence des luttes en un mouvement d’ensemble capable de faire reculer le pouvoir et de changer le rapport de force.

L’espoir a aussi besoin d’imaginer qu’un autre monde est possible.

Nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir cet outil : un parti utile aux mobilisations d’aujourd’hui. Un parti pour préparer un changement radical, révolutionnaire, de la société, c’est-à-dire la fin du capitalisme, de la propriété privée des principaux moyens de
production, du pillage de la planète et de la destruction de la nature.

Nous voulons une société capable de satisfaire les besoins sociaux, débarrassée de toutes les formes d’exploitation et d’oppression de classe, de genre, d’âge, d’origine. Une société où la démocratie ne s’arrête pas au droit de vote et permette à toutes et tous de décider.
Le congrès national de la LCR s’adresse à toutes celles et tous ceux, individus, équipes militantes, courants politiques, qui veulent se regrouper dans un cadre politique organisé, militant, national et démocratique, un parti tissant des liens internationaux avec les forces qui
défendent une telle perspective.

Nous nous adressons
- aux femmes et aux hommes de toutes origines, avec ou sans papiers, qui pensent que leurs vies valent plus que les profits ;
- à la jeunesse qui répond « résistance ! » quand on cherche à précariser son avenir ;
- aux militant-e-s associatifs, syndicalistes, qui agissent au quotidien dans leurs quartiers ou entreprises ;
- aux militantes et militants socialistes, antilibéraux, communistes, verts qui n’acceptent plus les recentrages, les reniements et les demimesures ;
- aux militant-e-s anticapitalistes, révolutionnaires, à toutes les organisations et courants politiques nationaux ou locaux, qui pensent
qu’il est temps de se rassembler par delà les divisions anciennes ;
- et surtout à celles et ceux qui jusque là n’ont pas trouvé de parti leur donnant suffisamment envie de s’engager…

Donnons-nous un parti qui s’approprie l’expérience des luttes d’hier et d’aujourd’hui, ouvrières, altermondialistes, internationalistes,
écologistes, féministes, antiracistes. Un parti luttant contre l’exploitation, contre toutes les oppressions, les discriminations et pour
l’émancipation humaine, individuelle et collective.

Construisons un parti internationaliste qui refuse la politique de pillage des pays du Sud et la logique guerrière de la France, de
l’union européenne et des Etats-Unis.

Un parti indépendant, qui, à l’inverse notamment du Parti socialiste, refuse de cogérer ce système.

Un parti en rupture avec le capitalisme et les institutions de la classe dominante.

Un parti démocratique dont le projet permette à la population elle-même de diriger ses mobilisations pour demain être en mesure
de diriger la marche de la société et de l’économie.

Donnons-nous un parti pour inventer le socialisme du XXIéme siècle.

Par cette adresse, nous voulons initier sans délai un processus constituant qui aboutisse à la fondation d’un nouveau parti anticapitaliste.
Dans les entreprises, sur les lieux de travail et d’étude, les quartiers, à tous les échelons, local, régional, national, l’heure est maintenant
à nous organiser ensemble dans des comités d’initiative pour prendre en main la construction de cet outil collectif.

Ces comités auront à se fédérer à tous les niveaux par ville, par département, par secteur, nationalement. Ils auront à prendre en charge
tant leurs activités et interventions politiques que les discussions et initiatives visant à créer une réelle dynamique collective. A partir des
premiers bilans, forums locaux et rencontres nationales permettront d’élaborer un mode de fonctionnement démocratique respectant la
diversité des opinions et des parcours, d’ouvrir les travaux préparatoires au congrès de fondation du nouveau parti.

Ce parti appartiendra à toutes celles et ceux qui s’y engageront.

C’est maintenant à celles et ceux qui veulent « prendre parti » de décider ensemble, de construire ensemble !

La Plaine Saint Denis, le 26 janvier 2008