Depuis plusieurs
années, les résistances à l'offensive libérale se multiplient et
s'organisent à travers le monde. En France, le mouvement de mai-juin 2003
contre la casse du régime de retraite, la lutte prolongée des intermittents
pour défendre leur système d'indemnisation chômage, les grèves et
occupations d'usines pour protester contre les plans de licenciements, les
initiatives du mouvement altermondialisation… marquent cette volonté d'un
changement de politique.
Sur la scène électorale, les résultats des candidats de la gauche
révolutionnaire traduisent en partie ces aspirations. Inconnu quelques
semaines avant le 21 avril 2002, date du premier tour de l'élection
présidentielle, Olivier Besancenot a ainsi obtenu 4,25% des suffrages, soit
1 210 562 voix. Sa candidature était pour la LCR - la Ligue comme on dit
souvent - le moyen de dire au plus grand nombre que la politique est
l'affaire de tous et de toutes, quelque soit son âge, son sexe, sa
profession ou sa couleur de peau.
Ce souci est permanent pour notre organisation ; une organisation à peine
plus âgée que le plus jeune de ses trois porte-parole.
Produit de la fusion entre la Jeunesse communiste révolutionnaire, l'une des
organisations les plus dynamiques du mouvement étudiant de Mai 68, et du
Parti communiste internationaliste, la section française de la Quatrième
internationale, fondée en 1938 autour de Léon Trotsky, la Ligue est née en
avril 1969. Elle portait à cette époque le nom de Ligue communiste. Quelques
mois plus tard, elle présentait un petit jeune de 28 ans, Alain Krivine, à
l'élection présidentielle. La Ligue communiste voulait ainsi faire entendre
la voix des dix millions de grévistes mobilisés en mai-juin 1968, au cours
de la plus grande grève générale de l'histoire de ce pays. La Ligue
communiste pénétrait ainsi sur la scène électorale, sans pour autant quitter
la rue et les luttes, bien au contraire.
Résolument
anticapitaliste, internationaliste, féministe et écologiste, notre
organisation a, depuis sa naissance, été de tous les combats contre
l'exploitation capitaliste et contre toutes les formes d'oppression.
Les militants de la LCR participent ainsi activement aux luttes des salariés
contre les licenciements, pour des augmentations de salaire, pour la
reconnaissance du droit syndical… Ils participent aussi aux mobilisations
pour défendre les droits des femmes et en gagner de nouveaux. Sur encore
bien d'autres terrains la Ligue est présente : soutien aux luttes
anti-impérialistes, lutte pour l'égalité entre homos et hétéros, contre le
nucléaire - qu'il soit civile ou militaire - contre les organismes
génétiquement modifiés (OGM), pour le droit au logement… La Ligue a aussi
toujours mis au coeur de son activité la lutte antiraciste (nous
revendiquons notamment la régularisation de tous les sans-papiers) et
antifasciste.
Notre combat résolu contre le Front national et ses idées ne date pas du 21
avril 2002 et de la présence de Le Pen au second tour de l'élection
présidentielle. Cela nous a d'ailleurs valu quelques soucis, comme la
dissolution de la Ligue communiste en juin 1973, après une manifestation que
nous avions organisée contre l'un des premiers meetings de l'extrême droite
à Paris depuis la fin de la seconde guerre mondiale.
Cette dissolution n'entrava guère l'activité des militants, qui fondèrent le
Front communiste révolutionnaire puis la Ligue communiste révolutionnaire à
la fin de l'année 1974.
Les militants de la Ligue sont aussi très actifs au sein du mouvement
altermondialisation. Dans les associations, à l'occasion des contre-sommets
ou des Forum sociaux, ils participent en toute transparence à développer ce
mouvement et en faire un cadre de confrontations d'idées et d'élaboration de
campagnes internationales.
Si le monde a bien
changé depuis la création de la LCR, son activité, si elle a pu évoluer, n'a
pas connu de trêves.
Héritière de la lutte menée par les révolutionnaires russes contre le
stalinisme, la LCR n'a pas versé de larmes lors de l'effondrement du mur de
Berlin et de l'Union soviétique. Débarrassé de ses caricatures sanglantes,
l'espoir révolutionnaire pouvait reprendre de la vigueur.
Mais la chute de l'ensemble des dictatures des pays de l'Est à la fin des
années 1980 n'a pas rendu le monde plus beau. Une rupture révolutionnaire
est encore plus nécessaire depuis le déferlement du capitalisme sur toute la
surface de la planète, avec son cortège de misère, de famines, de guerres,
de génocides, de désastres écologiques.