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- Direction Nationale de la LCR : résolution politique adoptée.

Résolution politique adoptée par la DN des 17 et 18 mai 2008.

1)Un an après son élection, Sarkozy est de plus en plus rejeté.

Cette baisse continue de popularité a un sens politique, celle d’un rejet d’une politique d’attaques tous azimuts contre le monde du travail et la population. Le malaise est tel qu’il contamine les rangs des députés UMP comme vient le confirmer le couac à l’occasion du vote de la loi sur les OGM . Si la droite est en crise, si Sarkozy s’acharne contre des médias pourtant bien complaisants, c’est parce que la politique menée par le gouvernement Fillon entraîne un profond mécontentement, des résistances sociales fortes comme le montrent par exemple le mouvement des lycéens et des profs ou la lutte des travailleurs sans-papiers. C’est en toile de fond, toujours, la question du pouvoir d’achat qui travaille la société française avivée par les augmentations incessantes des produits de premières nécessité (alimentation, carburants, gaz). Sarkozy ne parvient pas à rebondir. Mais il compte sur le temps, l’usure, l’effet à moyen terme des contre-réformes pour reformater la société française et modifier les rapports de force en sa faveur. Une telle politique pousse à l’affrontement. Le pouvoir a choisi de passer en force, d’accélérer le rythme, parce qu’en face de lui, l’opposition de la gauche gestionnaire et des directions syndicales fait défaut. L’urgence est à la multiplication des luttes, à leur convergence, à la préparation d’un mouvement d’ensemble pour mettre un coup d’arrêt à la politique de Sarkozy et donner un élan supplémentaire à la construction d’un parti qui incarne une alternative anticapitaliste.

2) Le gouvernement et le patronat ont décidé de taper plus fort dans une situation de crise de plus en plus globalisée.

La crise économique s’approfondit, la récession s’annonce. Le détonateur en a été la crise des « subprimes ». Elle a provoqué d’ores et déjà une crise bancaire, une crise financière et une hausse des matières premières énergétiques et agricoles alimentées par la spéculation. Les effets en sont dramatiques pour les populations des pays les plus pauvres. Ce sont aussi, pour l’ensemble des travailleurs, y compris dans les pays riches dont la France, des attaques supplémentaires. En particulier de nouvelles vagues de licenciements ne vont pas tarder. Le "retard français" d’adaptation à la nouvelle donne capitaliste va donc se cumuler à ce nouveau contexte économique pour tendre encore plus la situation sociale.

3/ Le gouvernement continue à avancer sur tous les terrains

C’est dans ce contexte, au nom de la compétitivité de la France, que s’additionnent plusieurs réformes gouvernementales : Un chantier de transformation radicale de l’Etat, de licenciements des fonctionnaires, de destruction du service public : la RGPP, pour l’heure sensible en particulier dans l’éducation et la santé, mais qui concerne aussi tous les services publics La réduction systématique de la protection sociale : les franchises médicales, allocations familiales et bien sûr les retraites (avec l’allongement à 41 annuités et la baisse du niveau des pensions). Une attaque frontale contre les chômeurs avec les radiations en cas de refus d’« offre d’emploi valable » L’objectif est d’arriver à 5 % de chômeurs en 2012. Il doit être atteint non pas en créant des emplois mais en sanctionnant et radiant des chômeurs dans le contexte de la fusion ANPE – Unedic. Rien sur les salaires, la baudruche du paiement des RTT et de l’exonération des heures supplémentaires se dégonfle, en revanche le thème du pouvoir d’achat sert à offrir de nouvelles facilités à la grande distribution.
  La fin de l’esbroufe du Grenelle de l’environnement avec la loi sur les OGM,
  La réforme des institutions, sous prétexte de « modernisation », un renforcement du présidentialisme et du bipartisme.

4/ Une politique internationale réactionnaire.

Ces attaques sur le plan social se double d’une politique internationale qui s’aligne toujours plus sur l’impérialisme américain. Les ambitions personnelles de Sarkozy au service d’un impérialisme de seconde zone joue un rôle déterminant. Elles se cristallisent sur l’envoi de troupes en Afghanistan dans le cadre du renforcement du dispositif militaire français dans l’Alliance Atlantique. La lutte contre l’envoi de troupes supplémentaires, la fin de l’occupation et le retrait des troupes occidentales dans ce pays ainsi qu’en Irak est une campagne unitaire décisive que nous menons et dans laquelle nous proposons aux aux comités pour un NPA de s’engager. C’est dans ce cadre que nous participons au collectif « Afghanistan - OTAN, ni guerre ni alliance militaire ; Paix – Liberté - Démocratie » et sommes signataires de l’appel quelles que soient ses limites. Nous sommes également présents dans les cadres unitaires qui préparent la riposte à la présidence française de l’Union européenne et à ses quatre priorités : défense, immigration, énergie et climat, politique agricole.

Dans ce contexte la préoccupation internationaliste, la solidarité internationale mais aussi la lutte contre l’impérialisme, au tout premier rang, le nôtre, sont pour nous essentielles. Elles sont pleinement présentes dans notre orientation pour un nouveau parti anticapitaliste. Nous plaçons au centre de notre activité la dénonciation de l’impérialisme français et de la politique extérieure défendue par Sarkozy que ce soit au Tchad, en Colombie, au Liban, en Tunisie ou vis-à-vis de l’Afrique, politique dont le discours de Dakar a démontré les ambitions néocoloniales. Nous nous associons en particulier à la dénonciation de son projet euro-méditerranéen adossé au dictateur tunisien Ben Ali. La solidarité avec le peuple palestinien occupe toujours une place essentielle dans notre activité. Nous dénonçons la politique impérialiste des grands groupes internationaux français et européens et, tout particulièrement, les conséquences sociales ou sur l’environnement de la mondialisation capitaliste et financière.. C’est dans ce cadre que nous soutenons la campagne « Areva ne fera pas la loi au Niger ». Nous combinons travail unitaire (au niveau national et européen) et défense de nos propres positions internationalistes Le climat et l’énergie occupent une place très importante. Alors que le « paquet énergie »,adopté par la commission européenne en février demeure modeste et inférieur aux recommandations du GIEC, le gouvernement se pose en défenseur de l’environnement depuis le Grenelle.

L’activité pro-nucléaire de Sarkozy laisse penser que le nucléaire va être un enjeu majeur à la fois dans les cadres unitaires et par ne campagne propre de l’organisation. Il nous faut donc agir à 2 niveaux : Dénoncer la politique pro-nucléaire de la France et le lobbying intensif de son président en faveur d’une relance du nucléaire à l’échelle internationale. Mener une campagne sur les alternatives face aux changements climatiques

5) Le mécontentement s’exprime dans les luttes

En effet nous assistons à un mouvement de luttes sur les salaires qui ne débouchent pas pour l’heure sur un mouvement d’ensemble. C’est également le cas en ce qui concerne les mobilisations contre les licenciements et les fermetures d’entreprises, des luttes de secteurs comme les ports. Mais c’est bien évidemment le mouvement des lycéens qui tient le haut de l’affiche avec un soutien inégal des enseignants, qui combine mobilisations locales contre les suppressions de postes et les fermetures de classe unissant parents, personnels, élèves et les journées nationales de grève et de manifestations. Le 15 mai permet enfin un mouvement de l’ensemble de la fonction publique après des journées d’action sans suite secteur par secteurs au cours des derniers mois. Des Unions départementales ou locales ont appelé à faire du 15 une journée interprofessionnelle, public et privé, mais ce n’est pas loin s’en faut le positionnement confédéral. Elle devrait trouver des suites dès le 19 pour ouvrir la possibilité d’une grève reconductible. Le 22 mai doit devenir une véritable journée de grève en défense des retraites massive et unitaire, pour refuser cet allongement, et contester le bien-fondé de la réforme. C’est-à-dire exiger le retour aux 37,5 ans de cotisation pour une retraite à taux plein. Enfin, la grève des travailleurs sans-papiers qui expriment leur droit à vivre est une étape très importante dans le combat pour leur régularisation. C’est également une avancée essentielle vers la construction de l’unité de la classe ouvrière dans la lutte contre ce gouvernement. Il existe bel et bien un espace de luttes, mais qui a du mal à se centraliser, à mettre en œuvre une dynamique de tous ensemble en grande partie parce la gauche politique et les directions syndicales ne prennent pas le chemin de la rue en cet anniversaire de mai 68 mais reste cantonné à une politique d’adaptation aux réformes libérales.

6) Une gauche incapable de prolonger sa victoire des municipales par une opposition à Sarkozy.

La victoire du PS aux municipales n’a évidemment réglé aucun de ses problèmes et ne change en rien une orientation d’adaptation au libéralisme prôné par ses différentes écuries présidentielles. Avec onze candidats au poste de premier secrétaire, il est clair que le débat programmatique et stratégique est d’ores et déjà clos. Le PS prépare 2012, en laissant faire le sale travail à Sarkozy et compte sur une usure automatique de celui-ci pour triompher lors des prochaines échéances électorales, tout comme le PC englué dans la gestion. Il manque une opposition déterminée à l’offensive du patronat mise en oeuvre par Sarkozy.

7) Des directions syndicales qui est loin d’être à la hauteur

Un pas est franchi par la CGT en accord avec la CFDT avec la déclaration commune sur la représentativité qui participe d’une transformation en profondeur du paysage social et syndical, dans lequel s’impose la vision de la partie « Parisot » du Medef, qui joue le « dialogue social » en donnant une place particulière à la CGT, une place que celle-ci accepte. Car l’accord sur le contrat de travail (même si la CGT n’en est pas signataire) a été accompagné par elle jusqu’au bout dans la négociation, sans jamais mobiliser ni même alerter sur les dangers par exemple de la « séparation à l’amiable », ou du contrat de mission. Le positionnement sur les retraites est, lui aussi, saisissant : les confédérations syndicales appellent à une journée de mobilisation le 22 mai « pour la défense d’une retraite solidaire », sans en faire un Tous ensemble faute d’appeler à la grève, et tout en s’apprêtant à négocier des contreparties à l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans.

Quant à la FSU, de journée d’action en journée d’action, elle n’a pas décidé de mettre en avant la cohérence des attaques, ni d’amplifier et de construire nationalement le mouvement dans l’éducation. Les taux de grévistes, les départs en grève reconductible dans certains établissements, la participation aux diverses actions, l’écho rencontré par les AG de ville ou départementales, ont montré qu’un mouvement massif et radical était possible dans ce secteur. Certaines équipes syndicales départementales ou académiques ont poussé à la mobilisation, elles ont appelé à des grèves locales et/ou se sont prononcées pour un appel national. Par ailleurs l’auto-organisation est loin d’être suffisante pour pallier l’absence de construction d’une mobilisation nationale par les syndicats du secteur.

8/ La nécessité d’une réponse globale à ces attaques globales :

La première urgence, c’est de défendre la perspective d’une mobilisation d’ensemble du monde du travail pour mettre en échec le gouvernement. C’est la priorité des priorités. Seule une grève générale, seule une épreuve de force de longue durée peut faire plier Sarkozy. Car ni une défaite électorale, ni des mobilisations sectorielles ne les feront plier. C’est un axe politique tout autant qu’un axe de lutte : expliquer qu’on ne peut attendre 2012 et l’effet des réformes sarkozystes, et que c’est maintenant le moment d’engager le combat social. C’est pourquoi, dans la préparation de la journée du 15 mai, nous avons mis nos forces pour construire la mobilisation lycéenne, pour qu’elle soit effectivement rejointe par la mobilisation enseignante et devienne une véritable épreuve de force contre le gouvernement. Nous avons milité pour que cette journée soit un moment vers une généralisation, en lien avec la journée du 22. Tout en participant aux journées annoncées, nous défendons la perspective d’un mouvement d’ensemble, une mobilisation réellement interprofessionnelle pour faire échec à la politique du gouvernement et du Medef.

Dans l’éducation nationale, l’ampleur des attaques et le niveau de combativité ont fait que la question de la reconduction de la grève se posait et continue à se poser. Pour dépasser l’inertie des directions syndicales, nous poussons à l’organisation d’assemblées générales d’établissement, de circonscription, départementales, etc. Nous y défendons la nécessité de reconduire la grève.

Encore à ce moment de l’année, certains secteurs se posent cette question. S’il y a encore une chance que se poursuive et s’amplifie la mobilisation, c’est maintenant, notamment en faisant le lien avec toute la fonction publique et à l’occasion de la journée du 22 mai. Nous devons poursuivre ce combat, même si l’approche des examens et des vacances d’été rend de plus en plus difficile l’élargissement de la mobilisation. Sur la question des services publics, comme sur celle des franchises médicales, nous participons à la construction de fronts unitaires politiques, associatifs, syndicaux unissant usagers et professionnels La question du pouvoir d’achat reste centrale, elle sera présente dans les différentes manifestations, elle est aussi implicite dans la lutte contre les franchises médicales, mais elle exige d’être porté en tant que telle, cela peut être l’objet d’une campagne propre du nouveau parti, avec initiative autour des grandes surfaces, matériel propre...

Défendre la perspective d’un mouvement d’ensemble va de pair avec la défense de revendications unifiantes posant la question d’un autre partage des richesses. Il y a besoin d’un véritable plan d’urgence :

. Pour assurer un minimum de 1500 € net pour toutes et tous, une augmentation immédiate de 300 nets en prenant sur les profits. L’échelle mobile des salaires. . Pour garantir une retraite pleine et entière à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles) après 37.5 années de cotisations, à 75 % du meilleur salaire et 1500 minimums. . Pour les soins et médicaments remboursés intégralement par la Sécu. . Le droit à l’emploi pour toutes et tous : l’interdiction des licenciements, le passage à temps plein à la demande des salarié-es, le maintien du salaire et du contrat de travail en cas de changement d’emploi . La défense et le développement des services publics avec la création d’un million d’emplois donc le refus des suppressions d’emplois et de la RGPP. . La régularisation de tous les sans-papiers et l’égalité des droits. . L’interdiction des OGM en plein champs et le développement d’une agriculture paysanne, de qualité et respectueuse de l’environnement. . Sortie programmée du nucléaire avec plan de reconversion des emplois de la filière. .La fin des occupations militaires et la rupture avec l’OTAN.

La LCR défend ce plan d’urgence ; elle propose aux comités pour un nouveau parti d’en débattre afin de disposer d’une réponse cohérente qui oppose au projet de société libérale mis en œuvre réforme après réforme et mesure après mesure par le gouvernement, la nécessité du contrôle des travailleurs et de la population sur l’économie, pose la question la question du pouvoir pour mettre en oeuvre un autre projet de société qui impose la rupture avec ce système.

9/ Une évolution qui légitime et renforce la bataille pour un NPA

L’approfondissement de la crise, sa globalisation, les tensions internationales qui en résultent et, ici, la fuite en avant dans les réformes libérales, l’impuissance de la gauche institutionnelle, la montée du mécontentement et des luttes convergent pour donner tout son contenu politique au projet de construire un nouveau parti anticapitaliste. Et aussi nous encouragent à prendre des initiatives, à les multiplier. L’écho, la sympathie, les réponses, les engagements que nous rencontrons attestent du fait que cette question préoccupe largement dans la jeunesse et le monde du travail. Une véritable dynamique, un mouvement pour un nouveau parti s’engage, loin de faiblir, il semble se renforcer, mûrir, s’approfondir à chaque étape. À l’occasion chaque échéance, nous cherchons à ce que les comités pour un nouveau parti soient présents, visibles, porteurs d’espoir et de perspectives. Cela a commencé à se faire à l’occasion des manifestations en défenses des retraites le 29 mars, à une échelle plus large le 1er mai, puis le 15 mai. Pas à pas, les comités prennent l’habitude d’intervenir « comme un parti ».

Ces interventions nécessitent débats sur la situation sociale, écriture de tract, coordination de différents comités à l’échelle locale ou départementale. C’est ainsi que l’activité militante se déplace progressivement vers le nouveau parti. Les mois de mai et juin seront aussi ceux de la préparation de la réunion nationale de coordination des comités pour le nouveau parti, donc de débats sur son programme et son fonctionnement, sur les étapes à franchir d’ici à la fondation du nouveau parti. La réussite de la réunion de coordination des 28 et 29 juin est une nécessité. Elle se prépare dès maintenant. Plus les comités auront eu une activité riche de luttes et de résistances, de débats, sur 68 ou autres questions, plus vivante et représentative sera cette réunion. Plus nous saurons nous-mêmes accompagner, encourager, renforcer le processus tel qu’il se développe dans son hétérogénéité, ses rythmes différents et mieux nous aiderons à la réussite de la rencontre de coordination.

Notre démarche reste celle de l’ouverture, du rassemblement dans la clarté. Nous continuons à discuter avec tous les courants de notre perspective à partir de notre contribution à cette réunion. Il s’agit pour nous d’œuvrer au rassemblement des anticapitalistes et des révolutionnaires qui veulent construire une force durable, dont l’activité concoure a développement des luttes, de la mobilisation des travailleurs en toute indépendance par rapport au PS et aux institutions. Notre orientation est contradictoire avec la construction d’un « Die Linke à la française ». Nous ne voulons pas changer la gauche, nous voulons changer de gauche. En ce sens, nous ne pouvons être signataires d’initiative comme celle lancée par Politis et dont nous avons eu connaissance très tardivement. Nous gardons le cap, nous expliquons que l’antilibéralisme n’est pas suffisant et que nous voulons construire un nouveau parti anticapitaliste. Les 28 et 29 juin, c’est le chantier d’un nouveau parti pour une transformation révolutionnaire de la société qui est lancé. Il est ouvert à celles et ceux qui en partagent avec nous les objectifs.

Les initiatives sur mai 68 sont parties prenantes de notre activité. Le meeting parisien du 30 mai et la conférence anticapitaliste européenne des 31 Mai et 1er Juin sont des échéances importantes.


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La LCR est la section française de la quatrième internationale. Celle-ci existe depuis 1938 et rassemble une cinquantaine d’organisations révolutionnaires dans le monde. Résolument internationaliste, elle tisse aussi des liens étroits avec de nombreuses autres organisations anticapitalistes et révolutionnaires.

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